mercredi 31 octobre 2007

Trouble enfantin




Musique de saison. Qui sied à mes bruyères et s'allie délicatement aux affres des angines hivernales. Ce que m'évoque Chopinou ? Une maison à l'heure du café, où les gosses ont les dents bien lavées, connaissent leur Anne Sylvestre et leur Boris Vian. S'attrapent dans de joyeuses altercations. Et portent de solides tricots bretons.

lundi 29 octobre 2007

Haute expertise en classattitude

Invitation presse du matin : "Lancement de la chaire Pernod Ricard à HEC. Un cocktail suivra." (Sans blague !) Jean-Noël Kapferer est professeur titulaire : ce n'est qu'un juste retour des choses. Et comme un killer n'a peur de rien (c'est un américain), il innonde les rédactions d'un 2e communiqué : "MBA responsable. Précurseur en France et en Europe, notre MBA s’engage dans une démarche concrète de développement durable en compensant les émissions de CO2 de ses collaborateurs et de ses participants pour favoriser l’adoption d’un comportement encore plus responsable. Il permet de sensibiliser l’ensemble des intervenants et des participants du programme et répondre aux enjeux de réchauffement climatique qui sont au cœur des préoccupations sociétales et entrepreneuriales." Allez, si vous croyez celle-là, je vous en raconte une autre.


dimanche 28 octobre 2007

Ambiance (percheronne)

Nogent-le-Rotrou. Restaurant de l'hôtel de la gare. Déjeuner dominical. La moitié des figurants sont seuls. L'autre moitié est en couple. Tous sont silencieux. Plat du jour : épaule de veau en pot-au-feu. Dessert : crème brûlée. Buffet d'entrées à volonté (salade de tomates, poireaux vinaigrette, carottes râpées).
Monsieur Machin, joufflu, rougeaud s'installe en soufflant bruyamment à la table voisine. Alors monsieur Machin, on prendra un petit apéro ? une Suze comme d'habitude ?
Bonjour mademoiselle. Bonjour monsieur.
Un couple de notables, lui prend une grande bouteille du vin le plus cher dans la gamme du raisonnable quand même comment oublier que je bouffe en tête-à-tête depuis vingt ans avec une truie qui ne rit pas à mes plaisanteries. D'ailleurs pourquoi en faire. Si, la serveuse est bon public. Elle a l'habitude de faire des heures sup en cuisine.
Bonjour monsieur dame. Bonjour Sabrina. Comment va ? Ah oui, un temps de Toussaint, c'est sûr, c'est sûr. Bon, je vous laisse la carte et je reviens faire la commande dans cinq petites minutes. (à la dame) Si vous craignez le courant d'air, je vous mets à la 15, à côté du ficus. (Je suis la seule à craindre qu'elle revienne avec un plateau d'hôpital garni de pillules, de seringues et de pommades ? "Je reviens faire la piqûre dès que vous êtes prêt. Et une hémorroïde pour la 5, une ménopause à la 9 ! On y va ! ")
La radio ronronne Mika en boucle. Une vieille dodeline au-dessus de sa truite à l'oseille. Mon voisin rote doucement sa Suze. Dehors la gare se marre.

jeudi 25 octobre 2007

Le meilleur est à venir

Après un week end blésois et néanmoins anarchiste (je ne saurai trop vous conseiller de lire de temps en temps ce genre de presse marginale et sainement révolutionnaire). Après une semaine de Pmisme acharné et de gavage communicationnel sur le thème "la tarte à la crème du développement durable". Tout ça plus diverses autres petites choses moins désagréables... Il est temps de se poser un peu : randonnée 3e âge dans le Perche pour un magazine-dont-je-tairai-le-nom-mais-qui-est-un-concurrent-de-Pélerin. Ce sera pour dimanche. Je vous promets au moins une anecdote marrante. D'ici là, départ pour Lille qui accueille, outre la temporaire exposition de Mr Pinault, un des meilleurs bars à vodka de France.

mardi 23 octobre 2007

Tribune en mode désertion

Chuis tellement dans ma vague que, lundi, j'en ai loupé ça.


Mais juste là mes doigts sont engourdis par le froid. Très bientôt je reviens avec des billets plus chauds. De Paris ou peut-être bien d'ailleurs.

mardi 16 octobre 2007

Mon beau tambour

Moi, j'ai ma laundrette. Ma recette quand il fait pas envie de travailler. Le dej au Sénat et l'après-midi-conférence-digestion au Medef, jetés dans le panier des insanités quotidiennes. Journée buissonnière. Direction le lavomatic. La magie du tambour qui tourne ça parle de soi-même (dans un sens plus château-de-ma-mèresque qu'assomériste). Un imaginaire qui sent bon la savonnette et le fer chaud. Un imaginaire qui claque au vent avec draps et liquettes et cliquette dans le ronronnement de la machine à repriser pantalons, culottes et manches de chemises. Un imaginaire de famille nombreuse où la mère déesse du foyer est machine toute puissante à laver, détacher, rincer, essorer, repasser, plier, réparer, recoudre... et, quand tout est enfin rentré dans l'ordre normal des choses, fermer l'armoire et envoyer jouer dehors les enfants se salir.

jeudi 11 octobre 2007

Tête en l'air

Boeing annonce six mois de retard pour son 787. C'est tout ce que j'avais à dire. Ah, et aussi : en F1, quand on arrive 4e, on gagne 5 points. Et je ne peux pas m'empêcher de penser que c'est terriblement injuste.

lundi 8 octobre 2007

Wiki pub

En France, il existe encore des villages où le maire est ton grand-père, les plus gros agriculteurs tes oncles et cousins et, le jour où tout ce petit monde se décide à faire du DD, l'ingénieur de la boîte de biogaz ton beau-frère. Ou comment lobbyiser Wiki. Exemple flagrant ici.

dimanche 7 octobre 2007

L'appel du samedi soir

La mémé s'est échappée. Je répète : on recherche une petite mémé dans une meute de supporters beuglards. Vous la reconnaîtrez facilement : c'est la seule à boire du cidre et à crier "Allez les bretons !" Bon, j'en profite pour vous signaler, sans transition, cette reprise d'une jeune personne que je n'appréciais guère. Comme quoi, ne jamais dire Coca je ne boirai pas de tes bulles.


vendredi 5 octobre 2007

En mode petite mémé

Pas de clubbing, de clopage, de roulage de pelles dans les coins ce uiken. J'ai des résolutions à tenir : pas de sortie avant mercredi. Tiens, je vais faire un gateau chocolat-raisins pour m'encourager. Oh, pis ça irait bien avec le thé à l'orange que m'a offert Matthias. Faut pas que j'oublie d'appeler les grand-parents de Reims. Bon, le programme est bouclé : Thalassa ce soir, Tati dimanche. J'irai au marché le matin si j'ai pas trop mal dormi. Pis je regarderai s'ouvrir mes roses. Chuis en mode petite mémé. Jusqu'à contre-ordre.



jeudi 4 octobre 2007

Survivre en milieu journalistique

(Ceci fait suite à une réflexion corporatiste et néanmoins privée - toute ressemblance avec des faits et personnages réels est totalement fortuite.)
Cher stagiaire qui débarque les yeux brillants, je voudrais aujourd'hui partager avec toi, qui étais moi il n'y a pas si longtemps, le fruit de ces quelques années d'expérience et la découverte d'une botte imparable pour faire ton trou dans notre zoosphère. Pour commencer, déleste toi de tes idéaux. Tu seras moins relou. Ensuite, pour se mettre dans la poche cette espèce animale très particulière qu'est le journaliste et toute la petite bande de SR, maquettistes, service pub... qui vit avec lui sur la moelle du monde de l'information, point besoin de briller par son intelligence, ça suscite plus de jalousies qu'autre chose. La culture ? Doucement l'ami, si tu sors des clous, tu comprends très vite à quoi tu t'exposes. Être gentil ? Tu plaisantes : personne n'est gentil et tu te méfieras plus particulièrement de ceux qui en ont l'air. Attention, les conventions hiérarchiques demeurent : moucher une petite attachée de presse bafouillante au bout du fil fera marrer tes collègues et t'attirera la sympathie générale. Par contre, ton chef, le grand sioux qui lit l'Equipe dans sa cage de verre, les pieds sur le bureau, qu'on ne dérange que sur la pointe des pieds en s'excusant pardon de te déranger j'm'excuse de m'excuser, a toujours raison, même quand il rajoute une erreur dans TON papier et que c'est TON nom qui cautionne ladite erreur. Si, par hasard, l'idée t'avait traversé le ciboulot, tu éviteras aussi de jouer de ton physique si tu n'es pas absolument sûr(e) de savoir faire face à des propositions crues à la sortie des toilettes. Dur métier, diras-tu, et je ne te contredirai pas. Mais pour que s'arrondisse cet enfer quotidien, pour que les regards de reconnaissance dégoulinent sur ton passage et que ta cote de popularité décolle, au ventre tu frapperas. Ma recette ? Je teste mes gâteaux au bureau. Ne rigolez pas, ça marche du tonnerre. Jamais vu personne refuser une part de fondant au chocolat quand arrive le café de 11 heures. A périmètre constant par rapport à la propension des métiers "intellectuels" à céder aux douceurs des nourritures terrestres (y en a toujours un(e) au régime qui dit d'un air dégoûté "tttt, ça a l'air très très gras ce truc"). "On vous ferait faire tout ce qu'on veut pour de la bouffe" éructait ma mère, défaite par tant de bas intérêts, quand nous nous battions pour des miettes. Rien ne se perd. (Y a une recette dont on parle beaucoup en ce moment, c'est un mélange de délits d'initiés et d'affaire d'Etat. Paraît qu'ils sont nombreux à s'être resservis sans demander leur avis aux autres copains de la boîte. C'est que ça devait pas être mauvais mais y manquent quand même de savoir-vivre ces gens-là...)

mercredi 3 octobre 2007

Inventaire (re) d'anniversaire (re)





Un an déjà que nous apprenons à nous connaître... (Contrairement à la tendance bloggeuse qui se saisit de la moindre occasion pour asséner force chiffres et statistiques, je m'en tiendrai à ma bonne vieille antienne : qualité versus quantité, 1-0.) Et je suis bien contente de vous voir là ! (Psst : j'ai piqué le gâteau de Clo, cuisinière-illustratrice de haut vol qui fait complexer la moitié de la blogosphère, la partie faible comme on dit... et pas fine, rôôôôô)




Inventaire

Au milieu des papiers cadeaux épars et des rubans défaits, une Thilde radieuse de, environ 4 ans et demi. J'ai reçu de si gros énormes bouquets de roses, de lys, de marguerites (et de fleurs qui ont des noms tellement jolis qu'elles s'appellent iris)... que je risque d'être à court de vase. Grave problème. J'ai eu aussi des produits très étudiés pour rendre mon corps doux, brillant, soyeux, distingué. Des menottes pour jouer avec. Des livres pour enchanter ma discussion. Du champagne pour enivrer mes soirées. Et une guitare pour apprendre, accompagner la joie, la solitude et le temps qui passe. Merci à tous. Grâce à vous, avoir 26 ans, c'est plus mieux. Même.

lundi 1 octobre 2007

I plead guilty

J'ai aimé un best-seller, j'avoue. Alors, oui, on pourrait prétexter des lourdeurs d'une écriture qui, entre figures de style précieuses et étirements syntaxiques douloureux, se regarde elle-même se perdre en de savantes contorsions. On pourrait arguer de références pesamment marquées au corpus d'une élite intellectuelle auto-désignée et rétro-satisfaite, pointer un index accusateur sur une culture supérieure (comme le jambon de Léon) qui se contenterait du programme d'hypokhâgne (j'adoooore la littérature russe et les films d'avant-garde japonais) et de l'écoute quotidienne de France Inter pour faire rendre sens au vivant. D'un côté Prix des lectrices de Elle. On pourrait trouver de nombreuses et légitimes raisons de ne pas lire L'élégance du hérisson. Ce serait une grave erreur. Une faute stratégique dans le cheminement d'un lecteur un tant soit peu conscient de l'intérêt de se faire plaisir. Certains ne se sont pas privés, naturellement, de l'écraser à peu de frais, usant de l'argument très en vogue de l'inanité des valeurs et du bannissement corrélatif, hors du champ de la littérature, des "bons sentiments".
Si le public lui a rapidement apporté ses suffrages, peu de critiques ont pris le risque de le défendre. Il n'a d'ailleurs gagné, et ça ajoute à son charme, que des "petits" prix (Prix de l'Université de Bretagne Sud, Prix Rotary, Prix Georges Brassens, Prix des lecteurs de Val d'Isère). Pour celui qui fera le léger effort de suivre Paloma, jeune surdouée suicidaire, et Renée, concierge autodidacte, dans leurs méditations quotidiennes, il y a du plaisir à revendre, et des années à prendre. Car c'est un livre sage et sain. Comme une balade en forêt avec un vieil ami qui cultiverait la pensée heureuse et l'amusement face au spectacle du monde. Ni plus, ni moins. Un livre qui fait du bien sans avilir l'esprit. C'est pas si courant.
"L'éternité nous échappe" lit-on page 101, et j'ai l'impression très distincte d'entendre quelqu'un. Pour ma part, je l'ai englouti avec un plaisir intense la veille de sauter par dessus ce premier quart de siècle. Il semble en effet que je sois en train de basculer du côté de la trentaine. Et, fucking mître, ça commence demain !