lundi 27 novembre 2006

L'angoisse de la feuille blanche

Je sais pas vous mais, moi, le silence me terrifie. Non pas le silence éternel de ces vastes infinis, non, non. Le silence de base, qui sert à respirer dans une conversation, à chercher un nouveau sujet, le silence qui dure un peu plus de quelques secondes et qui parfois tend à la minute.

Un de mes cauchemars récurrents est le suivant : pour une raison X, les terriens décident de se barrer sur une planète Y et on oublie de me prévenir. Un matin, il n'y a plus personne. Pas de trace de X ni de Y. Rien. Ensemble vide.
Au début, c'est excitant. Je peux entrer dans tous les grands hôtels, essayer des habits directement dans les vitrines des magasins, aller prendre le thé dans les petits boudoirs de l'Elysée ou changer les tableaux de place sur les murs du Louvre.
Mais, rapidement, c'est angoissant. Très. Ensuite, je me réveille et les bruits de ma rue continuellement agitée me rassurent quant à la présence, au moins, de mes voisins chinois.
Heureusement, la modernité est bavarde. Elle ne laisse jamais nos feuilles de chou longtemps inoccupées.
A toi qui es au boulot et qui ne peux faire tomber une gomme sur la moquette sans déclencher les foudres, muettes mais bien perceptibles, de ton voisin d'"open space", branche tes oreillettes et fais chauffer la souris.
Outre les très bons Arte radio et Un monde de sons qui se trouvent dans la colonne des recommandés, voici à écouter :
L'actu : sur le site de Radio France avec notamment cette chronique sur la sémantique Royal
La critique : sur un site alternatif, la contre-danse hongroise (des excités de Crrocs)
La poésie : sur le portail de la chanson française, la poésie selon Brassens avec Alexis HK
Le cinéma : sur le site consacré à Jacques Tati, les musiques de Mon oncle ou des Vacances de M. Hulot
Le bruit et le silence : sur ce site belge, Silence radio, la parade nuptiale du hérisson, le bruit d'un burger graisseux ou comment approcher le silence
La tentative : sur le site de l'INA, Jacques Brel raconte la difficile nécessité de dire aux gens qu'on les aime
Tous ces sites sont évidemment très très beaux et/ou choisis pour leur pertinence sonore.
Si, à l'inverse, vous en avez marre des commentaires, allez voir chez Euronews, par exemple, c'est ce qui se fait de mieux en images parlantes.

3 commentaires:

Papageno a dit…

magnifique ce petit bout de Brel... j'avais publié sur mon blog une définition qu'il fait de la bétise qui vaut aussi son lot de cacaouètes...

http://lepapageno.blogspot.com/2006/11/petite-leon-de-philosophie-la-btise.html

La Thilde a dit…

Merci ! ça fait plasir de voir que certains apprécient les perles que je sélectionne pour vous avec amour !

Anonyme a dit…

bal des débutantes, dans hongroise ... un petit tout en Alberta:
http://hungariaball.magyar.ca/html/home.htm