lundi 20 novembre 2006

Ainsi parlait... pour tous et pour personne


« Pour que l'art puisse se développer sur un terrain fertile, vaste et profond, l'immense majorité doit être soumise à l'esclavage et à une vie de contrainte au service de la minorité et bien au-delà des besoins limités de sa propre existence. Elle doit à ses dépens et par son sur-travail dispenser cette classe privilégiée de la lutte pour l'existence afin que cette dernière puisse alors produire et satisfaire un nouveau monde de besoins. » (L'État chez les Grecs, in Cinq préfaces à cinq livres qui n'ont pas été écrits)

En l'occurence, les besoins de la Chine se comptent en barils. Ceux des milices soudanaises en caisses de munition.

10 commentaires:

Gnac a dit…

C'est pas inspiré d'Aristote ou de Platon?

James a dit…

Je ne comprends pas très bien comment la citation éclaire la situation en Chine ou au Soudan. J'ai raté un RER ou?

La Thilde a dit…

Il s'agissait d'une citation de Nietzsche, choisie pour son côté provocateur (Nietzsche récusera cet ouvrage plus tard) illustrant le cynisme de l'actuelle politique chinoise en Afrique.
En particulier la vente d'armes au Soudan (cf lien).

JL a dit…

James! Sic.

Excellents les liens.

La Thilde a dit…

Merci. Ah oui, et le titre entier du plus célèbre ouvrage de Friedrich est : "Ainsi parlait Zarathoustra. Un livre pour tous et pour personne."

Papageno a dit…

hmmm attention avec les rapprochement indélicats...
bon de toute façon je suis trop partisan face à un Nietzsche que je ne peux pas encadrer en bon didero-condorcetien que je suis lol
Sinon vous connaissez le "We fuck the world" des Guignols?

James a dit…

Ok, je comprends mieux maintenant! Je m'étais focalisé sur la question de la finalité dans l'exploitation du peuple, la libération des contraintes matérielles pour la caste dirigeante ici, du coup j'avais du mal à saisir le rapport, mais effectivement en se plaçant dans une perspective plus générale (si j'ai bien compris) le rapprochement est on ne peut plus clair. Je ne connais pas très bien Friedrich, on aura le droit à d'autres posts? (un petit que sais je d'ici là devrait me remettre au goût du jour) Merci pour les réponses et les éclaircissements

Anonyme a dit…

En l'occurence, les besoins dont il est question, ce sont ceux de l'art, ce qui n'a rien a voir avec la Chine ou le Soudan. Et ce texte est un commentaire de la République de Platon.

La Thilde a dit…

Oui, c'est capillotracté. Mais j'aurai pu prendre n'importe quelle autre citation sur la volonté de puissance et c'était itou.

Anonyme a dit…

Je ne pense pas que la Volonté de puissance soit exclusivement composée de passages de ce genre.

Quant à la thèse :

"l'immense majorité doit être soumise à l'esclavage et à une vie de contrainte au service de la minorité et bien au-delà des besoins limités de sa propre existence."

Comment ne pas être d'accord ? A ceci prêt que la formulation plus précise devrait être "l'immense majorité peut être soumise"... Mais pour le reste, on ne peut ignorer que c'est effectivement le cas dans nos sociétés mêmes (pas besoin donc d'évoquer les produits que nous achetons aux exploiteurs de petits enfants chinois). En général, laver des urinoirs ne permet pas de disposer de beaucoup de temps pour l'épanouissement de la personnalité. Beaucoup de métiers sont de cet ordre, et même professeur à l'université (on n'a plus de temps perso, mais il est vrai qu'on y gagne beaucoup du côté de la vanité et du salaire : la soumission a parfois un prix pour les plus chanceux). Alors il semble bien que pour penser ou artister, il vaut mieux pas être nettoyeur de chiottes ou professeur universitaire, ce qui suppose que d'autres font le sale boulot, parce qu'une société de penseurs et d'artistes, ça ne va pas loin...